Se prémunir des chutes

 Un enjeu de santé publique majeur

 Si l’événement est la plupart du temps banal et qu’on s’en relève bien vite lorsqu’on est enfant ou du moins jeune, en vieillissant les chutes sont non seulement plus fréquentes mais leurs conséquences également bien plus lourdes.

Première cause de mortalité accidentelle parmi les personnes âgées, elles induisent au minima une dégradation de la confiance en soi, la peur pouvant entrainer une restriction des activités, quand elles ne sont pas carrément à l’origine d’une perte d’autonomie complète (après une chute, 40 % des personnes âgées ne rentrent pas chez elles et doivent être hospitalisées ou prises en charge le temps de la convalescence).

Jeunes ou âgés, c’est notre hantise à tous : être assigné à la bonne volonté d’un tiers pour effectuer des gestes du quotidien !

Demander toujours, pour réaliser parfois même des tâches élémentaires : tous ceux qui en ont fait l’expérience savent combien cela peut s’avérer avilissant…Sans compter les coûts faramineux qu’engendrent l’état de dépendance et les soins médicaux qui viennent compléter le tableau de la succession de désagréments parfois très graves causés par une simple chute.

Lorsque les fonctions motrices, sensorielles ou cognitives viennent à diminuer, les risques de glisser, de rater une marche ou d’avoir négligé un obstacle augmentent considérablement. Les fractures, elles aussi mettront plus de temps à se réparer sur un corps qui a perdu de la densité osseuse au fil du temps.

Environ une personne sur trois âgée de plus de 65 ans et une personne sur deux de plus de 80 ans chute chaque année. Parmi les chuteurs, la moitié serait tombée au moins deux fois dans l’année. Ajoutons à cela que plus d’un quart des personnes de 60 ans et plus vivent seules, minimisant ainsi les chances d’être secourues rapidement si le choc intervient au domicile.

On comprend donc l’importance de mettre tout en œuvre pour sécuriser les déplacements de ceux qui nous sont chers, fragiles ou en perte de mobilité.

Parmi les recommandations pour se prémunir des risques de chute, disposer d’un lieu de vie adapté et pratiquer une activité physique sont essentiels. Deux préoccupations qui au delà d’intégrer la famille et les proches, impliquent désormais les pouvoirs publics qui travaillent à la réussite d’un vaste programme de prévention.

 

Des exercices physiques pour garder l’équilibre

On le sait, la pratique d’une ou plusieurs activités régulières est la meilleure façon d’entretenir sa forme. Les bénéfices d’un peu de sport en douceur sont multiples tant du point de vue de la santé pure que de la qualité de vie. Cœur, poumons et artères s’en trouvent plus endurants, tandis que le stress, les troubles du sommeil et de la digestion diminuent dans le même temps.

Un vrai booster pour le moral, mais aussi pour les fonctions cognitives ! De récentes études ont permis de démontrer que le taux de démence et de malades atteints d’Alzheimer est moins élevé chez les personnes qui pratiquent une activité physique à raison de trois séances hebdomadaires ou plus.

Mais un peu d’entrainement quotidien c’est aussi et surtout la meilleure stratégie de prévention contre les chutes. Moins de chutes (29%) donc plus d’autonomie. Les médecins considèrent même que la pratique du sport sur le long terme peut permettre de repousser de 10 à 12 ans les risques de dépendance.

Alors qu’on se le dise : il est temps de bouger, de se mettre en mouvement, de rejoindre la très à la mode colonie de ceux qui sont en marche !

En groupe ou en individuel, en extérieur ou au domicile, l’important c’est de trouver la formule qui convient à la santé, aux capacités et aux envies de chacun (un examen clinique peut être nécessaire avant de se lancer tous azimuts).

Et les choix ne manquent pas pour s’entretenir dès l’instant qu’on garde à l’esprit qu’il ne s’agit pas de s épuiser et que l’effort et la fréquence doivent rester modérés. Tout est possible pourvu qu’on soit encadré et accompagné par des professionnels.

À la « Fédération française de la retraite sportive » par exemple, plusieurs clubs proposent de s’adonner à l’aviron, au tir à l’arc ou même à l’escalade ! Parmi le panel des disciplines, certaines ont le vent en poupe car particulièrement adaptées aux besoins des aînés.

La marche nordique qui consiste à accentuer le mouvement naturel des bras à l’aide de deux bâtons fait de plus en plus d’adeptes. Le Tai Chi Chuan favorise l’équilibre et la souplesse, grâce à des changements posturaux coordonnés en une suite de mouvements fluides et lents.

Côté piscine, l’aquagym qui soulage les articulations en associant les bienfaits de l’eau chaude et le caractère ludique, est devenue très populaire. Quant au yoga, il est idéal pour libérer l’esprit des contraintes du corps par la maîtrise du rythme et du souffle.

À vous de vous laisser séduire : la liste est loin d’être exhaustive…

 

Aménager et équiper son domicile

On l’a vu, l’hygiène de vie est un prérequis pour conserver le plus longtemps possible son autonomie. Repenser quelques menus agencements dans son espace de vie est tout aussi essentiel pour la défendre, quand le risque de chutes (préoccupation première de l’entourage à juste titre) vient peser sur l’argument d’assistance.

Il ne s’agit pas de tout transformer du jour au lendemain pour fabriquer une sorte d’intérieur témoin impersonnel mais d’observer de petites précautions d’usage qui peuvent sérieusement changer la donne.

En premier lieu, on prendra soin de dégager les obstacles au sol propices à vous faire trébucher. Pour libérer le passage, les fils électriques seront fixés au mur, les petits meubles et plantes vertes posés dans les coins des pièces, les bords de tapis dans lesquels on se prend les pieds, soigneusement collés.

Des embouts molletonnés aux coins des tables, bureaux, commodes atténueront les angles vifs responsables de jolis bleus qu’on s’épargnerait volontiers…

Le pire, c’est la glissade ! Celle qui sournoise, nous prend par surprise et projette violemment le corps en arrière, en proie à tous les chocs. Pour l’éviter sur les parquets cirés, carreaux mouillés spécial patinage artistique (ou pas) dans la cuisine et la salle de bains : l’antidérapant est votre meilleur allié ! En tapis de sol, de douche ou tout simplement en semelle sous les sandales, il permet de gagner en stabilité. À savoir : la moquette est le revêtement qui occasionne le moins de chutes.

Le temps de l’escalade lui aussi est révolu. On oublie définitivement la grimpe improvisée sur un tabouret de fortune pour attraper le chausse-pied calé en haut du placard ou la casserole sur l’étagère de la cuisine. Un peu de rangement donc pour positionner les objets du quotidien à portée de main, les plus lourds et volumineux en bas.

Et lorsque l’acuité visuelle nous joue des tours, éviter les zones d’ombre grâce à un éclairage adapté est indispensable. Baliser le chemin avec des touches de bande de signalisation au sol photo luminescente et des pastilles phosphorescentes sur les interrupteurs est un bon moyen de se repérer la nuit.

Enfin, Il faut prévoir des points d’appui pour reprendre son souffle ou se relever en cas de chute. Le cas échéant on installera une rampe dans l’escalier, des barres de soutien partout où c’est nécessaire et prioritairement dans les toilettes et la salle de bains.

On le voit, on peut garder « bon pied bon œil » en respectant quelques règles simples.

Marie-Victoire Vergnaud

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